Manuella Lefranc
Ma pratique
Chaque personne vient avec son histoire, son rythme, ses questions, ses points d’appui et ses fragilités. Certaines traversent une période de doute, d’anxiété ou de dépression, d’autres ressentent un mal-être plus diffus. Ce que je propose, c’est un espace d’écoute, d’échange et de travail où nous cherchons ensemble à comprendre ce qui fait souffrance, ce qui se rejoue, et ce qui peut évoluer. Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes toutes faites, mais de construire un accompagnement sur mesure, en lien avec ce qui compte pour vous.
Relations et attachement
Les difficultés relationnelles constituent un motif de consultation fréquent en psychothérapie. Elles peuvent prendre des formes diverses : tensions dans le couple ou dans la famille, conflits répétés, incompréhensions durables, communication rompue ou insatisfaisante, sentiment de devoir toujours s’adapter, de ne pas pouvoir être soi-même, ou encore impression de répéter sans fin les mêmes situations, avec les mêmes conséquences. Certaines personnes évoquent une grande solitude, malgré la présence d’un entourage, ou un isolement affectif profond, souvent difficile à formuler. D’autres décrivent des relations fusionnelles ou à l’inverse très distantes, marquées par la peur de l’abandon ou la crainte d’être envahi·e.
Ce mal-être peut parfois s’exprimer par des symptômes plus larges : anxiété, fatigue persistante, perte d’élan, sentiment de vide ou épisodes de dépression. Dans certains cas, un vécu de harcèlement — familial, professionnel ou scolaire — a fragilisé la capacité à faire confiance, à poser des limites ou à se sentir en sécurité dans le lien. Ces expériences sont souvent accompagnées de conflits internes, liés à des émotions difficiles à nommer ou à accueillir.
Ces expériences relationnelles trouvent souvent leurs racines dans notre histoire. Ce que nous avons reçu — ou non — dans nos premières relations significatives, la manière dont nos besoins ont été accueillis, ou entendus influence durablement nos façons d’être en lien. Ces dynamiques d’attachement précoces peuvent se rejouer, à notre insu, dans nos relations actuelles : sentiment d’insécurité, de dépendance, de rejet, ou encore sur-contrôle, évitement, ou besoin constant de validation.
L’Analyse Transactionnelle offre un cadre thérapeutique pour comprendre ces mécanismes. Elle permet de repérer les scénarios de vie et les positions de vie (croyances profondes sur soi et sur les autres) qui orientent nos comportements relationnels. Ces schémas, construits dans l’enfance pour nous protéger ou nous adapter, peuvent aujourd’hui limiter notre liberté de choix et nourrir des relations insatisfaisantes ou douloureuses.
En thérapie, un travail d’exploration de ces automatismes relationnels permet de mettre en lumière ce qui se rejoue dans le lien, ici et maintenant. Ce processus permet de reprendre contact avec ses besoins, ses ressentis, ses limites, et d’expérimenter, dans la relation thérapeutique, d’autres manières d’entrer en lien. Progressivement, des ajustements deviennent possibles : poser des limites sans se sentir coupable, exprimer ses émotions et ce qui est important pour soi, reconnaître ses propres fonctionnements relationnels sans se juger.
Retrouver une liberté dans sa manière d’être en relation, c’est souvent (re)trouver un sentiment d’alignement avec soi-même, et redécouvrir la possibilité de liens plus authentiques, plus sécurisants.


Émotions et estime de soi
Les troubles émotionnels chroniques, tels que l’anxiété généralisée, les colères incontrôlées ou la tristesse persistante, sont souvent les signes visibles d’un déséquilibre affectif ou d’un traumatisme psychique sous-jacent. Dans certains cas, c’est l’absence d’émotions – un état d’alexithymie partielle ou totale – qui domine, traduisant une difficulté à identifier, différencier ou verbaliser les ressentis corporels et affectifs. Cette alexithymie, souvent centrale dans les troubles neuro-fonctionnels (TNF), empêche la mise en mots du vécu émotionnel et contribue à son expression somatique. Le stress, le sentiment de vide, l’auto-dépréciation, les symptômes de dépression ou l’impression d’être un imposteur ne sont pas de simples malaises passagers : ils peuvent refléter un trouble de la régulation émotionnelle, parfois associé à une faible estime de soi.
La régulation des émotions est une compétence psychologique complexe, impliquant l’interaction entre le système limbique (amygdale, hippocampe) et les fonctions exécutives du cortex préfrontal. Elle ne se limite pas à la maîtrise des émotions, mais suppose leur reconnaissance, leur compréhension et l’adoption de réponses adaptées. Le travail thérapeutique aide à développer cette compétence en dépliant les schémas émotionnels appris, souvent rigides, liés à l’histoire de vie et aux modèles relationnels précoces.
L’Analyse Transactionnelle (AT) offre des outils efficaces pour cela. En distinguant les différents états du moi – Parent, Adulte, Enfant – elle permet de repérer les injonctions intériorisées, les croyances limitantes, et les scénarios de vie dysfonctionnels. Ces éléments, souvent inconscients, influencent la manière dont une personne ressent, interprète et exprime ses émotions. L’AT donne également un cadre clair pour comprendre les mécanismes d’adaptation mis en place dans l’enfance : faux self, émotions racket, messages contraignants (« Sois parfait », « Sois fort », etc.).
Sur le plan de l’estime de soi, l’AT permet d’identifier et de déconstruire les messages parentaux négatifs, les drivers et les décisions précoces qui organisent une image de soi dévalorisée. Le travail thérapeutique se centre alors sur la revalorisation du Moi Adulte, l’accès à des permissions internes nouvelles (« Tu as le droit d’être vulnérable », « Tu as de la valeur »), et la réactualisation des scénarios de vie. Ce processus permet souvent de sortir des conflits intérieurs et de réduire les symptômes associés à l’anxiété ou à la dépression. Dans une relation thérapeutique stable et sécurisante, la personne peut reconstruire une identité plus cohérente, et retrouver un sentiment de légitimité à ressentir, à exister, à faire des choix pour elle-même.

Épreuves et traumatismes
Certaines expériences bouleversent profondément l’équilibre psychique et la perception de soi. Violences physiques, psychologiques ou sexuelles, situations d’emprise, accidents, burn-out, deuils, ruptures affectives, maladies graves : ces événements peuvent produire des effets durables, parfois longtemps après les faits. Ils peuvent entraîner un état de stress post-traumatique (ESPT), avec des symptômes tels que cauchemars, flashbacks, hypervigilance, troubles du sommeil, dissociation ou inhibition émotionnelle. Chez certaines personnes, ces vécus peuvent aussi s’exprimer sous la forme de troubles obsessionnels-compulsifs (TOC), marqués par des pensées intrusives, des compulsions ou des rituels visant à apaiser une angoisse. Ces manifestations ne traduisent ni fragilité ni faiblesse : elles sont souvent le reflet d’une tentative d’adaptation à une insécurité psychique.
Le traumatisme psychique ne se résume pas à l’événement en lui-même, mais à la manière dont il a été vécu et intégré — ou non — dans un contexte souvent dépourvu de soutien ou de reconnaissance. Ce qui n’a pas pu être pensé, dit ou mis en lien reste actif dans la mémoire corporelle, émotionnelle et cognitive. Les réponses développées pour faire face — repli, évitement, vigilance excessive, déréalisation, ritualisation — sont comprises en thérapie comme des mécanismes de protection qui ont eu leur fonction.
Le travail thérapeutique offre un cadre stable et sécurisé pour aborder ces effets. L’objectif n’est pas de revivre l’événement ni de forcer le récit, mais de travailler sur les impacts concrets dans le présent : crises d’angoisse, insomnies, pensées récurrentes, blocages relationnels, comportements compulsifs. Les séances s’appuient sur ce qui émerge : émotions, sensations physiques, modes de pensée, réactions en boucle. Cela permet de renforcer progressivement la sécurité interne, la régulation émotionnelle et la capacité à se situer dans l’ici-et-maintenant.
L’Analyse Transactionnelle propose des outils précis pour accompagner ce processus. Elle aide à repérer les décisions inconscientes prises en contexte d’insécurité, les messages contraignants intégrés précocement (« sois fort », « ne ressens pas »), les scénarios de vie figés, et les émotions dites « racket ». En favorisant un accès au Moi Adulte et en travaillant sur les permissions internes, la personne peut retrouver une marge de manœuvre, se réapproprier son histoire et restaurer un sentiment de continuité psychique.


Fonctionnement psychique et neuroatypie
Certaines personnes consultent pour mieux comprendre ce qu’elles ressentent, mettre du sens sur un fonctionnement perçu comme atypique, ou traverser des moments de tension intérieure, parfois anciens, parfois récents. Cela peut concerner des états comme la dépression, des troubles anxieux, un haut potentiel intellectuel (HPI), un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou encore des troubles neurologiques fonctionnels (TNF).
L’objectif ici n’est pas de poser un diagnostic ni de catégoriser une expérience singulière. Il s’agit plutôt d’accueillir ce qui est vécu, dans sa complexité, d’ouvrir un espace d’exploration libre de tout jugement, où les émotions, les ressentis et les besoins peuvent émerger. Certains ressentis sont présents depuis longtemps : surcharge mentale, hypervigilance, fatigue, besoin de retrait, difficulté à se concentrer, à s’organiser ou à se sentir à sa place. Ces particularités peuvent parfois générer un sentiment de décalage ou d’épuisement.
Chez certaines personnes, on retrouve un perfectionnisme marqué, une exigence constante envers soi-même, une peur de l’échec ou du regard des autres. D’autres expriment des difficultés à dire non, à poser des limites ou à affirmer leurs besoins dans les relations. Ces fonctionnements peuvent être anciens, intériorisés, et vécus comme des automatismes, parfois coûteux sur le plan émotionnel.
L’accompagnement thérapeutique permet de partir de situations concrètes : blocages, conflits relationnels, inhibition, impulsivité, isolement, fluctuations de l’humeur, sentiment de vide ou d’agitation interne. Ce travail se fait à votre rythme, dans un cadre stable, qui soutient une meilleure compréhension de soi et l’identification progressive de nouvelles ressources.
Certaines personnes viennent après un diagnostic récent (HPI, TDA/H, TSA, TNF …), d’autres sont en phase de questionnement identitaire, professionnel ou personnel (communauté LGBT, reconversion, réorientation...). Il n’est pas nécessaire d’avoir de certitudes pour entamer un accompagnement : ce qui compte, c’est ce que vous ressentez et ce que vous souhaitez explorer.
Reconnaître son propre fonctionnement, dans sa singularité, permet souvent de relâcher une pression intérieure, de s’accueillir avec plus de bienveillance, et de retrouver une forme de liberté dans la manière de penser, de ressentir, d’agir ou de se positionner.

Sexualité et identité
Parler de sexualité, d’identité de genre ou d’orientation affective peut soulever des questionnements profonds. Cela ne relève pas d’un trouble ni d’un problème à résoudre, mais de dimensions intimes de l’expérience humaine, qui méritent d’être accueillies avec respect, ouverture et sans interprétation surplombante.
Certaines personnes souhaitent être écoutées dans leur vécu de bisexualité, de pansexualité, d’homosexualité, d’asexualité, ou dans un cheminement où ces orientations ne leur correspondent pas. D’autres viennent poser des mots sur leur expérience de genre : non-binarité, transidentité, genderfluid, parcours de transition. Ces vécus font partie des réalités rencontrées dans les parcours LGBT et queer, mais ne les résument pas. Il ne s’agit pas ici de justifier ce que l’on ressent ou de se conformer à un modèle. Ce qui importe, c’est de pouvoir parler, sans craindre d’être corrigé·e ou interprété·e.
Ces réflexions peuvent parfois entrer en conflit avec des attentes sociales, familiales, culturelles ou intimes. Elles peuvent générer du doute, de la confusion ou un sentiment de non-légitimité. Pour certain·es, ces tensions internes s’accompagnent d’un isolement émotionnel, d’une difficulté à faire entendre ce qu’on vit, voire d’un état de dépression lié à l’invisibilisation ou au rejet.
Le cabinet est un espace safe et inclusif pour les personnes LGBTQIA+, ouvert à toustes les configurations de vie et de relation. Il est possible d’y aborder, à son rythme, des expériences telles que le polyamour, les parentalités plurielles, un parcours de PMA ou de FIV, ou encore un rapport au corps et à l’intimité influencé par des normes sociales, des violences, des silences ou des injonctions.
Certaines personnes expriment un besoin de réappropriation : de leur désir, de leur capacité à poser des limites, de leur droit à explorer ou à affirmer ce qui les rend vivantes. D’autres viennent après des expériences de rejet, ou de conflits internes liés à leur orientation ou leur genre, pour être reconnues telles qu’elles sont.
Le travail thérapeutique ne vise ni à normaliser ni à expliquer. Il propose un cadre pour déposer ce qui a été tu, fragmenté ou entravé. Travailler avec ses émotions, clarifier ses besoins, retrouver une forme d’apaisement ou sortir d’une dépression, sont autant de chemins possibles vers une affirmation de soi et un sentiment de cohérence retrouvée.


Travail et transitions
Certaines périodes de vie sont marquées par des transitions importantes, choisies ou subies, qui demandent une adaptation à la fois pratique et psychique. Ces moments peuvent générer du stress, de l’incertitude, ou une perte de repères, sans toujours que l’entourage en perçoive l’ampleur. Ils peuvent réveiller des émotions contradictoires, raviver des blessures anciennes, ou faire émerger des conflits internes difficiles à nommer.
Sur le plan personnel, cela peut concerner une séparation, un divorce, un deuil, l’entrée dans la parentalité, un déménagement, l’annonce d’une maladie ou d’un handicap, ou encore un coming out pour les personnes LGBTQIA+. Ces situations touchent directement à l’identité, à la place dans les liens, aux équilibres familiaux ou intimes. Elles peuvent confronter à des émotions intenses ou ambivalentes : culpabilité, soulagement, tristesse, colère, inquiétude pour l’avenir.
Du côté professionnel, les périodes de reconversion, de retour après un arrêt de travail, de retraite, de licenciement, ou les situations de harcèlement et de discrimination ou de surmenage peuvent entraîner l'apparition de conflits de valeurs, ou un sentiment de fragilisation : perte de confiance, difficulté à se projeter, sentiment de décalage ou de disqualification. Des symptômes peuvent apparaître : troubles anxieux, fatigabilité accrue, trouble de l’humeur, ou repli social.
Dans ces moments, l’espace thérapeutique permet d’examiner ce qui, dans la situation actuelle, mobilise ou déstabilise : ce qui a changé concrètement, ce qui fait difficulté, ce qui entre en conflit avec les valeurs ou les attentes. La thérapie propose un cadre pour clarifier les émotions, les enjeux, permet de remettre du sens entre ce qu’on traverse et ce qu’on ressent, de faire le point, et d’agir plus clairement face aux décisions à prendre.
Ce travail peut permettre de se réorienter plus sereinement, de faire des choix plus alignés avec soi-même, ou simplement de mieux traverser une étape.
